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EDITO | Programme chargé pour le fluvial
L’intervention du représentant de l’Etat à l’assemblée générale du CAF s’apparente bien souvent à un jeu de questions-réponses. L’édition 2009 ne déroge pas à la règle. Première réponse de Dominique Bussereau, celle donnée à la crise économique actuelle. Les infrastructures sont désormais, pour l’Etat, la première condition d’une relance de l’activité fluviale : «plan» barrages, travaux sur l’Yonne, le réseau du Nord/Pas-de-Calais et le canal de Rhône à Sète, débat public
pour la section Bray-Nogent, poursuite du projet Seine Nord Europe. Dans le dossier Rhin-Rhône, le ministre est favorable, comme J.-F. Dalaise, à une liaison entre les bassins de la Saône et de la Moselle «en prenant en compte les possibilités de liaison au bassin du Rhin».
Le développement des ports est le deuxième volet de la politique du gouvernement. Ce dernier ne donne pas de réponse concrète au mécontentement de la profession face à la place finalement congrue faite au fluvial dans la réforme portuaire et dans les ports maritimes plus généralement. Sans doute parce que la question fait l’objet d’une mission au sein de la DGITM/Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer, dont les conclusions ne seront pas connues avant la fin du mois de juin. Seule concession : les règles applicables au pilotage fluvial devraient être prochainement assouplies. Après les ports maritimes, le ministre souhaite par ailleurs «que l’on puisse étudier les conditions d’amélioration de la gouvernance des ports fluviaux».
3e clé de la relance enfin, D. Bussereau annonce des mesures en faveur de la modernisation du secteur. La DGITM planche actuellement sur un inventaire des obstacles administratifs et économiques au développement du transport fluvial. Par ailleurs, une évaluation du plan d’aide à la modernisation sera réalisée à lafin de l’année. Sur le plan technique, l’appel du pied du président du CAF en faveur d’une évolution des règles en matière de qualification des membres d’équipage
n’est pas passé inaperçu. Le gouvernement devrait également profiter du projet de loi relatif à la régulation des transports ferroviaires et guidés pour engager une modernisation des règles de police, après l’accident mortel survenu sur la Seine l’année passée. Quant à l’application des standards techniques rhénans, D. Bussereau invoque l’«esprit de collaboration efficace» des services de l’Etat. Enfin la rénovation des règles d’accès à la profession de transporteur fluvial est engagée ; dans ce cadre l’ACP/attestation de capacité professionnelle sera confortée et le CAP «navigation fluviale» remodelé. Avec, au-delà, la possibilité de «fluvialiser» le bac pro «exploitation des transports». Le secteur disposerait alors enfin d’un cursus scolaire complet et valorisant pour les navigants.
Nathalie Stey


