Commentaires récents


NPI proche de vous


Flux RSS

Abonnez vous au flux RSS et restez informé de l'actualité

Contactez nous

N'hésitez pas à nous contacter en remplissant un petit formulaire



EDITO | Imminent n'est pas immédiat



En    décembre dernier, l'association Seine-Nord relayait le message joyeux de VNF : tout est prêt pour le lancement du dialogue compétitif entre l'Etablissement public, maître d'ouvrage de la future liaison à grand gabarit, et les deux consortiums candidats à la réalisation des travaux, menés respectivement par Bouygues et Vinci. Tous les acteurs de la voie d'eau, mobilisés autour de ce projet à la fois symbolique du renouveau de la voie d'eau et essentiel au développement des trafics, attendaient donc un engagement du dialogue compétitif avant la fin de l'année 2009.

Las, le petit monde du fluvial a vu ses ardeurs refroidies par une petite phrase prononcée lors des voeux de VNF, le 20 janvier dernier, par Marc Hamy, directeur de cabinet de Dominique Bussereau. Le représentant du secrétaire d'Etat aux Transports, juste après avoir rappelé «l'attachement sans faille du gouvernement pour ce projet emblématique», a indiqué qu'il pourra «lancer le prochain tour de la consultation dès que l'accord des cofinanceurs publics aura été formalisé».

Autrement dit, pas de dialogue compétitif avant que les Départements concernés, une dizaine au total, ne se soient engagés à financer le canal. Or ces derniers réservent pour la plupart leurs deniers  (250 Mio € en tout) au financement des plates-formes portuaires semées le long du tracé, ces mêmes plates-formes dont la gouvernance n'est pas encore fixée. De fait, la signature des Départements ne semble pas pour demain. 250 Mio €, ce ne sont pourtant que 6% des quelque 4,2 Mld € que devraient coûter le projet (dont 2,1 Mld € de financements privés, 900 Mio € apportés par l'Etat via l'AFITF, 300 Mio € par l'Union européenne et 650 Mio € par les Régions Nord/Pas-de-Calais, Picardie et Ile-de-France), alors même que le dialogue compétitif pourrait encore apporter son lot de changements.

Dans quelques semaines auront lieu des élections régionales, dont l'issue peut amener certaines de ces collectivités à revenir sur leurs promesses de financement. De leur côté, les Départements ne seront sans doute pas mieux disposés après les élections qu'avant. Alors pourquoi attendre ? A défaut d'une improbable rallonge par l'Etat, le Grand Emprunt n'aurait-il pas pu servir à boucler le tour de table ? L'attentisme actuel tranche avec le discours pro-Seine-Nord officiel et, même s'il ne vise pas à faire avorter le projet, il ne peut que faire reculer la perspective du premier coup de pioche, rendant d'autant plus improbable une ouverture du canal dès 2015.     

Etienne Berrier

DOSSIER

Bassin Rhône-Saône


Voir tous les dossiers