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EDITO | Passer des pointillés à la ligne



La période électorale actuelle est propice à s’interroger sur la place des transports dans la politique. Or, force est de constater que mobilité et développement durables ont été très peu évoqués dans les débats. Interrogés par certains médias et organismes spécialisés, les candidats ont répondu au coup par coup, sans donner l’impression d’une vision d’ensemble de la problématique. Une absence de  perspective, de ligne directrice, constatée tant par l’association TDIE que par les chargeurs de l’AUTF.

Les différentes « plates-formes » élaborées par les instances professionnelles à l’occasion de la présidentielle sont pourtant un outil d’analyse intéressant des enjeux du secteur. Dans le domaine portuaire, l’UNIM (elle n’est pas la seule) souhaite voir moins d’Etat et plus d’économie dans la gouvernance des Grands Ports maritimes. La mise en oeuvre de l’unicité de commandement sur les quais ne doit pas, selon les manutentionnaires, se limiter à ces derniers. Ils alertent enfin les uns et les autres sur les dangers que peut représenter la nouvelle proposition de directive de la CE concernant les concessions (voir p. 23).

L’AUTF, quant à elle, préconise l’élaboration d’un schéma directeur multimodal fret. Elle estime que la politique actuelle en matière de transports manque d’homogénéité : on généralise le 44 t pour la route sans prendre en considération les conséquences de cette mesure pour les pré/post-acheminements de transport combiné ; de même la taxe poids lourds ne fait-elle aucune distinction entre trafics de transit et trajets routiers liés aux logistiques multimodales. Les chargeurs proposent de sanctuariser une partie des berges des fleuves, sur le modèle de la loi « Littoral », pour préserver la possibilité d’y développer des activités de transbordement et de logistique, et préconisent un fléchage des réservations de sillons ferroviaires vers les donneurs d’ordre, pour leur permettre de changer plus facilement d’opérateur.

Enfin, les adhérents de TLF insistent sur la nécessaire harmonisation de la réglementation européenne, sociale et fiscale, ainsi que sur une application homogène des procédures douanières à travers l’Europe. Le syndicat patronal soutient la TVA sociale en ce qu’elle allège le coût du travail, mais appelle de ses voeux un ministère dédié et indépendant, qui ne soit plus sous la tutelle de l’Environnement.

Il s’agit globalement de mesures techniques qui laissent peu de place au débat idéologique, pourrait-on dire. La difficulté pour le futur président et la future majorité sera justement, en matière de transport, de s’extraire de cette technicité pour développer une stratégie durable.
N. S.